Olivier Marguerit et le LC-A+

En ce mois de juin, nous célébrons l’anniversaire du LC-A, l'occasion pour nous de rencontrer le musicien Olivier Marguerit alias O : très attaché à l'argentique, O est parti en tournée en Asie avec le LC-A !

Hello Olivier ! Est-ce que tu peux te présenter à la communauté Lomography ?

Tout d'abord, je suis enchanté de pouvoir me présenter à la communauté Lomo. Je suis parisien et j'ai 37 ans. Je suis musicien et ce métier m'amène à être très souvent en lien avec l'image. La plupart du temps, c'est l'image animée car je compose de la musique pour des longs métrages de cinéma mais j'ai aussi un lien fort à la photo (notamment utilisée pour les artworks, photos de presse...).

On te connait sous le nom d'O. Peux-tu nous raconter ton histoire avec la musique ?

J'ai l'impression que la musique a toujours été à mes côtés. Je ne viens pas d'une famille de musiciens mais néanmoins la musique était très présente dans mon enfance. On écoutait beaucoup de disques et on y faisait attention. La musique s'écoutait fort. On m'a inscrit enfant au conservatoire où je me suis bien embêté et c'est à l'adolescence, avec les copains, que j'ai vraiment appris à jouer, commencé à faire des petits concerts, auto-produire des disques etc. Ensuite, pendant une bonne dizaine d'années, j'ai joué dans plein de groupes, accompagné des chanteurs avant d'avoir envie de me mettre au centre et d'initier un projet solo qui s'appelle O. Le premier album est sorti début 2016 et depuis nous jouons ces chansons sur scène avec deux camarades très précieux, Mathieu Geghre et Jérôme Laperruque.

Qu'est-ce qui t'inspire lorsque tu composes ?

Je ne sais pas vraiment. C'est un peu compliqué la question de la création. Ce sont des flux, des vagues. Le thématique du premier album était très centrée autour de ma petite personne. J'ai essayé de dresser un portrait musical du moment que je vivais. En gros, le passage d'une adolescence très tardive à l'âge adulte. D'un point de vue purement musical, je pense me nourrir à la fois de mes disques de chevet (The Beatles, The Cure ou Robert Wyatt pour faire court) et aussi beaucoup des gens avec qui j'ai eu la chance de travailler (Syd Matters, les Chicros, Mina Tindle...). J'ai la chance de côtoyer des compositeurs fantastiques et c'est une source d'inspiration infinie.

Quelle place occupe la photographie (et l'argentique) dans ta vie ?

Finalement la photographie une place pas si grande que ça. J'y suis sensible bien sûr mais comme un amateur. Je ne pratique pas beaucoup. Cependant, je suis très attaché à l'argentique. C'est très lié à la bande dans la musique ou la pellicule au cinéma. Le support physique est très important à mon sens, la magie chimique qui s'opère avec la bande et qu'on perd dans le tout numérique. J'aime le grain, le bruit dans l'image ou dans le son. J'aime l'imperfection que ces supports amènent.

C'était quoi ton premier appareil ?

Mon beau-père m'avait offert un appareil que j'aime beaucoup et qui est le seul que j'utilise habituellement. C'est un compact Olympus dont je n'ai pas la référence sous la main. J'ai pris pas mal de photos avec celui-ci. Pour mes photos de presse, j'ai demandé à deux photographes que j'aime beaucoup, Frankie et Nikki car ils utilisent notamment des appareils de ce type.

A ton avis, pourquoi "Film is not dead" ?

Le film ne sera jamais tout à fait dead. Déjà parce que nous avons tous une tendance à la nostalgie. Ainsi, on revient toujours à des fondamentaux à un moment de notre vie et donc, au film. Je crois aussi qu'il est tellement simple d'utiliser le numérique et les téléphones qu'on préfère parfois prendre des chemins de traverse pour créer différemment et l'argentique est très bien pour ça.

Tu as embarqué le LC-A+ en Asie. Comment s'est passée la cohabitation ?

Plutôt pas mal, même si j'ai planté la première pellicule en ne comprenant pas comment je devais la rembobiner ! C'est un appareil simple et un peu aléatoire. Il est assez compliqué de savoir comment il va réagir à la luminosité par exemple. Chaque photo est un peu un saut dans l'inconnu. Au final pas mal de flous. Pourquoi pas ! Je suis flou de toi comme le chante Gilles Gabriel.

Et comment s'est passée la tournée ? Quel est ton meilleur souvenir lié à ce roadtrip musical ?

C'était super cette tournée, très enthousiasmant. On a beaucoup joué et dans pas mal de pays (Singapour, Philippines, Cambodge, Laos et Thaïlande). C'était dense, très fatiguant et très dépaysant. C'était pour nous aussi l'occasion de jouer quasiment tout les soirs, ce qui est assez compliqué en France où c'est toujours plus morcelé. Je garde un bon souvenir de rigolade dans un bar reggae de Manille où Mathieu (claviers) et Raphaël (son) ont goûté le balut (un oeuf fécondé de 3 jours - spécialité locale très loin de nos standards européens).

Parle-nous de ta série et des photos que tu as prises.

Je ne pense qu'elles aient une grande valeur artistique. Je les vois comme un témoignage, une sorte de journal imagé de nos pérégrinations. Comme je passais beaucoup de temps avec Jérôme, Mathieu et Raphaël, ils sont naturellement devenus des sujets privilégiés. J'ai fait pas mal de portraits.

Une photo préférée peut-être ? Si oui, laquelle et pourquoi ?

Je n'ai pas vraiment de photo favorite, elles sont toutes liées à un moment agréable de ce voyage. Ceci dit cette peinture qui était dans un temple de Phnom Penh m'a marqué. Nous avons eu très peu de temps durant ce voyage pour visiter car nous avons eu beaucoup de concerts et beaucoup de trajets mais à Phnom Penh, nous avons pu profiter d'une mâtinée où nous avons loué des scooters et nous sommes allés dans un temple où le temps s'est suspendu. C'est un peu cliché mais c'est vrai que dans ce temple, j'ai senti une spiritualité particulière, un temps pour la contemplation et cette photo en est le souvenir. C'est pour ça que je l'aime bien.

Des projets pour 2017 ?

Écrire la suite, c'est à dire une deuxième album. Si possible en khmer pour pouvoir y retourner afin de faire une nouvelle tournée.

written by florinegarcin on 2017-06-03 #gear #people

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